Meilleurs restos mexicains au bord de la plage

Par Tim Johnson

La cuisine mexicaine est l’une des seules au monde à être reconnue en tant que trésor culturel par l’UNESCO, qui estime qu’elle fait partie intégrante du patrimoine national du pays.

C’est un soir de fin de semaine occupé sur la Quinta Avenida à Playa del Carmen. La rue piétonnière grouille de voyageurs affamés à la recherche, pour la plupart, de mets classiques. Et ils ne seront pas déçus : tacos et burritos sont offerts à tous les coins de rue, et muchas margaritas sont servies bar après bar.

Tacos

Je cherche toutefois quelque chose de plus qu’un simple casse-croûte du samedi soir. En compagnie de deux expertes locales qui savent très bien ce qui rend cette cuisine si spéciale, je pars à la recherche de mets mexicains authentiques dans l’une des destinations les plus touristiques en Amérique du Nord. « Notre objectif principal est de montrer aux gens la beauté du Mexique, qui renferme bien plus que des hôtels et des plages », explique Florencia Cevutti, l’une de mes guides ce soir. « Nous voulons qu’ils apprennent à connaître la culture – et qu’ils en fassent partie. »

Située dans la Riviera Maya, au Mexique, Playa del Carmen est une destination touristique privilégiée des Canadiens. C’est aussi un endroit par excellence pour bien manger, si vous savez où chercher.

Salade mexicaine

La cuisine mexicaine est reconnue par l’UNESCO en tant que trésor culturel, du fait qu’elle marie influences coloniales et cultures ancestrales. Ici, à Playa del Carmen, toutes les saveurs complexes du pays sont réunies.

Après un arrêt rapide à La Casa del Agua, où nous dégustons un savoureux ceviche de mérou local avec tomates vertes, morceaux de concombre, avocat et oignon rouge, le tout mariné dans du jus de citron, nous marchons quelques coins de rue de plus jusqu’au Mi Pueblo.

Cocktails

Ce restaurant coloré, me dit mon autre guide, Dalit Levanah Lara, sert des plats aux saveurs traditionnelles qui font voyager de nombreux Mexicains dans le temps. Entourés de fresques vibrantes évoquant le jour des Morts, les lutteurs de lucha libre et d’autres symboles nationaux, nous nous régalons d’une sopa de fideo, une soupe aux nouilles traditionnelle. S’ensuit un plat qui combine poulet, fromage d’Oaxaca et laitue dans une tortilla de maïs moelleuse enrobée d’un délicieux mole poblano bien foncé.

« Il s’agit du mole traditionnel – le plus complexe à faire », explique Mme Lara, précisant que cette sauce spéciale, qui existe depuis cinq siècles, est cuisinée lors d’événements marquants. Mais elle n’est pas facile à préparer : ce mélange comprend des piments forts et du chocolat, et certaines recettes nécessitent plus de 30 ingrédients. « Ma grand-mère pouvait y passer 15 heures », se souvient-elle. « Cette saveur a marqué mon enfance. »

Ce ne sont toutefois pas que les restaurants locaux qui accordent une place de plus en plus importante à la cuisine mexicaine authentique. À 10 minutes en voiture de la Quinta Avenida, au Fairmont Mayakoba, un luxueux complexe cinq étoiles dont les villas sont disposées le long d’une série de petits cours d’eau, le réputé chef mexicain Richard Sandoval a récemment remanié les quatre restaurants du complexe, donnant à ces établissements auparavant ennuyeux et traditionnels une touche de fraîcheur et de modernité (assiettes partagées, poissons d’origine locale et fusion des cuisines latines et asiatiques).

Grand Velas

Juste à côté, au Grand Velas offrant la formule tout inclus, la nourriture figure au premier rang des priorités. Le chef de cuisine Nahum Velasco a passé du temps en Espagne et au Danemark à apprendre les techniques du Noma, souvent reconnu comme le meilleur restaurant au monde, ramenant ces influences avec lui jusqu’au Yucatán. Le restaurant Cocina de Autor du complexe compte parmi les plus novateurs du Mexique. Sa cuisine laboratoire, avec son menu dégustation de 13 services qui change après quelques mois, au rythme des saisons, offre une gastronomie exquise qui exploite au maximum les saveurs et les ingrédients mexicains.

Cuisine gourmet

De retour sur Quinta Avenida, nous terminons la soirée avec un dessert loin d’être aussi simple qu’il ne le paraît : du chocolat. Mme Cevutti explique que les Mayas consommaient cette gâterie sucrée depuis des siècles lorsque les conquistadors espagnols l’ont introduite en Europe. Nous entrons dans un endroit appelé Ah Cacao Chocolate Cafe, où sont servies des recettes mayas traditionnelles sans lait faites avec de l’eau, de la cannelle, des piments de Cayenne et sucrées avec du miel.

En observant les nombreux piétons sur la Quinta Avenida pendant que je sirote mon chocolat chaud maya, la saveur piquante du ceviche et de la sopa encore sur ma langue, j’ai l’impression de comprendre un peu mieux le Mexique, son histoire et son flamboyant spectacle quotidien.

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