36 heures à Thessalonique

La majorité des voyageurs explorent Athènes et les îles grecques, mais très peu sortent des sentiers battus pour visiter ce que plusieurs considèrent la capitale culinaire de la Grèce. Athènes en est  peut-être le cœur, mais Thessalonique, à six heures de route au nord d’Athènes, en est l’estomac!

La majorité des voyageurs explorent Athènes et les îles grecques, mais très peu sortent des sentiers battus pour visiter ce que plusieurs considèrent la capitale culinaire de la Grèce. Athènes en est peut-être le cœur, mais Thessalonique, à six heures de route au nord d’Athènes, en est l’estomac!

Commencez la journée avec un koulouri, un anneau de pain recouvert de graines de sésame ressemblant à un bagel mince, vendu par l’un des marchands ambulants avant de vous diriger vers la Tour blanche – le point d’intérêt de la ville, situé sur le front de mer. La Lefkos Pirgos, comme elle est connue en grec, était une prison où les Ottomans exécutaient leurs prisonniers. Thessalonique a été prise des Turcs en 1912 et les Grecs ont adopté la Tour blanche à titre de symbole de la ville. La vue panoramique du sommet est à ne pas manquer. Ensuite, marchez jusqu’au Musée archéologique de Thessalonique, où des artefacts macédoniens datant de l’ère de Philipe II et du mieux connu Alexandre le Grand sont fièrement exposés.

Les marchés Kapani et Modiano sont facilement repérables au centre de la ville. Vous y entendrez les cris des marchands alors qu’ils vantent leurs biens et en tant que Grec honoraire, vous serez encouragé à marchander et à négocier pour des produits, ou à examiner la prise du jour. Vous serez délecté par l’arôme des fromages locaux, des saucissons secs et l’odeur exotique des épices flottant dans les airs, tous en compétition avec l’odeur des grains de café en torréfaction pour attirer votre attention. La région avoisinante de Chalcidique produit des olives noires saumurées, des olives vertes cassées et de l’huile d’olive trop précieuse pour être vendue ailleurs.

En bordure du marché se trouve le café Serraikon Bougatsa, où vous pouvez prendre une pause et déguster un café grec accompagné d’une tranche de bougatsa. Cette spécialité du nord de la Grèce est en fait des couches de pâte phyllo beurrée garnie de divers ingrédients, allant du fromage et de la viande au chocolat, ou bien de crème pâtissière. Le plus populaire est le krema (crème pâtissière) coupé en bouchées et saupoudré de sucre à glacer et de cannelle – parfait comme gâterie de fin d’avant-midi.

Thessalonique est une ville piétonne et Aristotle Square est l’un de ses centres les plus vivants. Tapissée de cafés, cette arcade est considérée comme étant la place principale pour se promener et observer les gens. Demandez votre chemin pour vous rendre à la rue avoisinante Venizelos et vous atteindrez le Bit Pazaar, où se trouve la majorité des antiquaires de la ville. Les magasins ferment le soir, mais c’est alors que les cafés, les bars et les tavernes s’animent – destinés aux étudiants, aux artistes ainsi qu’à tous ceux qui respectent un budget et cherchent à s’amuser.

Ladadika (l’ancien quartier du commerce de l’huile d’olive) est un bon choix pour le dîner. Après des années de négligence, ce quartier a été revitalisé grâce à l’injection de fonds de la part de l’Union européenne et est devenu un lieu en vogue durant une décennie. Bien qu’il s’agisse maintenant surtout d’une attraction touristique, certains restaurants, comme le Bakaliario tou Aristou, demeurent populaires auprès des habitants locaux. Ce restaurant familial, ouvert il y a longtemps, vend de la délicieuse morue salée panée et frite depuis 1910. Venez tôt puisqu’il se remplit rapidement.

Thessalonique est aussi connue pour ses desserts riches et sirupeux que vous pouvez déguster, chez Hatzi, une de mes pâtisseries préférées. Regardez dans les vitrines alignées présentant différentes variétés de baklavas, remplis d’une gamme de noix trempées dans le miel et le sirop, ou contemplez le galaktoboureko – une crème pâtissière à base de semoule entre des couches de pâte phyllo beurrée, le tout nappé de sirop. Commandez la kazan dibi, aussi appelée crème brûlée byzantine, un dessert fait de croûte de sucre et recouvert de crème pâtissière. Chez Hatzi, dans le village de Paralia Neon Epivaton, vous apercevrez Thessalonique de l’autre côté de la baie et pourrez participer au rituel d’après-midi qui consiste à consommer des sucreries et du café grecs alors que le soleil se couche au-dessus du mont Olympe.

Pour souper, le Kourdisto Gourouni, visible depuis la basilique de Sainte-Sophie, offre une sélection de bières européennes en plus d’une liste de vins grecs raffinés qui rehausseront vos mezedes (tapas grecques). Celles-ci comprennent des fromages locaux, des fruits de mer et des plats végétariens faits de pâte phyllo maison, comme le merveilleux kotipita garni de poulet et de légumes.

Pendant que vous savourez votre kotipita, prenez le temps de réfléchir à cette ville qui vous permet de voyager dans le temps, de la période d’Alexandre le Grand en passant par les époques hellénistique et romaine, jusqu’aux empires byzantin et ottoman. D’anciennes ruines et histoires inédites se trouvent sous chacun de vos pas. Enfin, chaque kilomètre que vous parcourez vous amènera dans une ère différente, chaque pas vers un autre goût de cette mosaïque gastronomique.

Par Peter Minaki

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